Avec la première partie, j'ai un
peu plombé l’ambiance, pour réchauffer l’atmosphère, partons à Athènes, sous un
soleil qui même en hivers réchauffe les os et les âmes.
Il y a des lignes bus à
Athènes qui sont tellement anciennes et tellement utilisées qu’elles dépassent
leur statut de ligne, pour devenir des mythes. Jusqu’aux jeux olympiques de
2004, il n’y avait qu’une seule ligne de métro à Athènes, ce qui a rendu
l’usage de l’armada de bus de la ville une obligation pour qui n’a pas de
voiture. Depuis, certaines lignes emblématiques sont devenue plus
confidentielles, mais d’autres restent bien vivantes, dans celles-là, il y a
deux lignes que je retiens de mon séjour.
La première est la ligne
040, qui depuis des temps immémoriaux va d’Athènes au Pirée. Cette ligne passe
par la rue du Pirée qui depuis 2500 ans relie la ville à son port. A l’époque
classique, un double mur longeais cette route pour garantir la protection
commune de la ville et du port. De nos jours, cette ligne est surtout connue
pour être la seul ligne qui roule 24/24h dans la ville. Qu’il soit deux heures
de l’après-midi ou de la nuit, cette ligne reliera les deux villes, avec une
ambiance digne des meilleurs noctis lorsque l’alcool coule a flot et qu’il
n’est pas encore trop tard.
Reconstitution des "longs murs" d'Athènes, construits par Périclès pour protéger les Athéniens souls qui rentraient au Pirée par la charrette 040 après les banquets bien connus de Socrates.
Mais comme exposé dans le
premier article, un bus de nuit déjanté, j’ai dû le prendre deux ou trois fois,
alors que le 620, lui, a été mon compagnon quotidien pour tous les jours où
j’ai été à mes cours de grec. (théoriquement 5
jours par semaine, mais ni pas le lundi ni le vendredi, ni entre les deux si il ne
fait pas assez beau pour sortir ou si il fait trop beau aller en cours). Le bus 608 part des « montagnes aux turcs »,
traverse la moitié de la ville, passe par une station de métro et remonte
jusqu’aux contreforts de l’Hymelette où se trouve l’université d’Athènes.
L’université moderne a
été construite dans les année 70 en hauteur, sur un site qui pour cette raison n’avais pas encore
été urbanisé. Comme il n’est pas possible de faire monter au métro les 300 mètres de
dénivelé nécessaires pour desservir l’université, le métro reste dans la
vallée. Cette situation a pour résultat que presque l’ensemble des étudiants de
l’université doit chaque jour prendre le bus pour monter à l’université depuis
la station de métro la plus proche. Heureusement, il y a beaucoup de bus, mais
comme il y a encore plus de monde, et que personne ne veut arriver en retard,
une demi-heure avant le début des cours, une marée humaine afflue vers les
abribus, remplissant les bus qui arrivent l’un après l’autre au maximum qu’il
est physiquement possible de la faire.
Image du bus 620 un jour de faible affluence.
Avant de fermer les portes, le chauffeur lance une balle de golf dans le fond du bus, si la balle ne touche pas le sol, il démarre, sinon il fait rentrer plus de gens.
Une fois le bus rempli,
il commence sa remonté. Mais n’oubliez pas, l’université est 300 mètres plus
haut, donc le bus est penché vers l’arrière à 20% et il transporte quelques
tonnes de corps humains. Le bus doit rouler en 2ème vitesse, il monte tellement lentement qu'on jurerait il n'arrivera jamais. Le trajet est interminable, à un point que la compagnie de bus ne s'est même plus donné la peine de nommer les arrêts de bus, ils s’appellent 4eme arrêt Zografou
(ζωγραφου)
du nom de la commune 5ème arrêt Zografou, 6ème arrêt Zografou,
et ainsi jusqu’au 11ème et dernier arrêt Zografou, où le bus
arrive à un rond-point où nos souffrances prennent fin. Lorsque après une
demi-heure de calvaire on peut enfin sortir, certain se demandent si après le purgatoire, on est enfin arrivé au paradis. Impression renforcée par le fait que le cimetière et l’université sont côte à côte, comme à
Bruxelles. Mais non jeune étudiant, c’est juste le début d’une journée dans l’université
d’Athènes.
A chaque période de la
vie correspond un itinéraire en transport en commun, trajet dont on pourrait répéter les station les yeux fermés. Parce que si on se souvient principalement des gens qu’on a
rencontré, des soirée qu’on a passé, des folies qu'on a faites, il est probable
que pour une période donnée, on ait passé plus de temps dans le bus que on
prend tout les jours que avectel ami ou
tel amour dont le souvenir est pourtant si prégnant. Je ne suis pas encore
assez célèbre pour que mes mémoires intéressent quiconque, mais mes itinéraires
ont une vie propre à raconter.
Je commence toujours un article pour écrire deux page et je fini avec 10 pages à corriger, je vais donc essayer un nouveau système, découper mes articles en parties pour mieux finaliser chaque chapitre.
Chicago
Non cher lecteur, je ne
suis pas né sur les bords du lac Michigan, aux portes des grandes plaines du
Midwest. Mais dans les années nonante, Chicago était le nom donné au quartier
qui s’étend de sainte Catherine au canal. A l’époque, ces rues n’avaient pas
encore été gentrifié par les flamands comme c’est de plus en plus le cas, et
son nom faisait plutôt référence à la période Al Capone de la ville. De là
j’allais à mon école au parc Léopold, faisant le trajet jusqu’à Maelbeek. J'en revenais avec un certain
Christophe, d’origine polonaise. Si je n’ai pas un souvenir impérissable du
trajet, ce dont je me souvient très bien, c'est bande d’arabe à sainte
Catherine avec qui nous avions une constante animosité. Cette bande devait
avoir notre âge, vers les 11-12 an et les choses n’ont jamais été bien loin,
mais le trajet avec Christophe était vécu comme une expédition commando à
chaque instant.
Comment on voyais la sortie de la station de métro
Mon exploit le plus mémorable doit être le moment où j’ai jeté
un pain mouillé qu’une grand-mère sénile avait dû laisser pour nourrir les
pigeons mais qui s’est disloqué sur une mini-caillra de la place. S'est était suivi une fuite éperdue de moi et Christophe jusqu'au magasin de figurines Warhammer ou nous avons trouvé refuge.
Malheureusement pour mes compétences martiales, mes parents ont déménagé à
Anderlecht. Ce déménagement qui fut vécu par ce pauvre Christophe comme une trahison, il allais devoir survivre seul dans Chicago.
Rendu plus réaliste ce ce que ce devait être.
2 Maelbeek
Les
attentats à la station Maelbeek me semblent si proche parce que c’est la
station de métro où je suis descendu pendant 8 années. Tandis que l’aéroport
est quelque chose d’exceptionnel, Maelbeek est pour moi la station type du
quotidien. Lorsque je vois le nom de cet endroit dans des journaux grecs ou
américain, il s’agit d’une rencontre entre plusieurs plan de réalité que j’ai
soigneusement séparé. Pendant un bref instant, il se produit une dissonance
lorsque la marche du monde qui d’ordinaire suit son cours loin de nous et dont
je suis informé par les journaux rentre dans la vie la plus proche possible,
les deux version de l’histoire, celle des média et celle vécu sur place coexistent
pour un temps avant que l’attention des médias se tournent sur une autre partie du monde.
L’endroit
de l’attentat, était au niveau d’un renfoncement. Il devait y avoir eu à une
époque des distributeurs automatiques qui avaient été enlevés, je me rappel qu'on allais
s’y assoir sur nos cartables en attendant le métro. Rien d’exceptionnel mais un
étrange endroit pour voir des fleurs.
Endroit terriblement banal où a explosé la bombe. Mais aussi endroit où on attendait le métro pendant des années.
Pour finir, une des impressions les plus
fortes de cet évènement a été, dans les semaines qui suivent, lorsque le métro
passait à Maelbeek. La station était fermée et les lumières éteintes, et
naturellement, les bruits habituel du metro, les conversations diminuaient pour
arriver à un moment de silence pesant lorsque on passait la station. Une minute
de silence, sans organisateur mais respectée par tout le wagon. Ensuite, a partir de la station suivante, les voix revenaient petit a petit et après 3 stations, la vie avait repris son cours.
Note au lecteur, ce texte a été écrit pour la fête de noël du service, il est donc bourré de références à des gens du travail et peut ne pas être aussi intéressant pour le lecteur externe.
A la veille de Noël, c'est une terrible nouvelle qui bouleverse la Belgique. L'équipe de scanning en charge de digitaliser les vieux dossiers de précompte mobilier a retrouvé une employée du ministère des finances enfermée dans l'armoire, avec une boite de feuilles de vignes et un thermos de café. D'après les informations en notre possession, la victime, Coco, serait entrée il y a dix ans dans le service comme Rosetta et aurait totalement disparu depuis la fin de son contrat. A sa sortie, elle faisait plus que 1m53 et 43 kilos, même si selon de nombreux témoins, il s'agissait également de ses dimensions il y a dix ans.
Son ravisseur a été appréhendé, il s'agirait d'un certain Claude, qui aurait déclaré aux enquêteurs: "on l'avait formé aux précomptex, elle avait fait que 3 dossiers sur l'année et elle voulait partir. Qui c'est qui va faire les 3 armoires de précomptes depuis 2004 hein ? Et les 7 % d’intérêts qui courent, c'est vous qui allez les payer ? J'ai pris la décision a prendre dans l'intérêt du service.
Reconstitution de la découverte de la victime,
qui vivait au milieux des dossiers de précomptes.
Notre journaliste vous livre l'enquête qu'il a mené auprès de ses anciens collègues pour découvrir comment une telle chose a pu se produire. En effet, Coco était entrée en service en même temps qui autres 10 agents contractuels engagés pour sauver le centre expertise des non-résidents des dossiers en retard, même si a l'époque, ils n'allaient que jusqu'a 5 ans (c'était avant l'extension du délai de réponse de l'administration à 20 ans par le gouvernement Uyttendael/Franken).
1. Robert Binamé
Le premier de ces agent n'est pas a trouver très loin. En effet, Robert Binamé n'a jamais cessé de travailler au centre étranger, se concentrant sur le régime des frontaliers; nous vous le rappelons, le régime transitoire a été récemment prolongé de 2033 à 2044 suite à des émeutes dans les communes de Roubaix et Wattrelos. N'avait-il pas remarqué que à quelques metres de lui, un drame se jouait ? Nous lui avons posé la question.
Comme il était en télétravail le lundi, en 4/5 temps pour le mardi, qu'il avait récupération le mercredi, grève de la SNCB le jeudi et que le vendredi, il travaillait de 5h du matin à 12h01 et que nous n'avions pas de reporter disponibles, nous avons du aller sur place. Nous vous livrons à partir d'ici le récit de notre journaliste.
Sorti de l'autoroute, il faut encore faire une demi-heure sur des chemins de terre que la nature semble avoir récupéré depuis la faillite de la Wallonie. Lorsque enfin, j'arrive, la maison où monsieur Binamé est sensé faire du télétravail est vide, par contre, s'étend à coté de la maison un immense hangar. Je sonne, après une petite dizaine de minutes, le fonctionnaire ouvre sa porte.
Robert Binamé en télétravail
- Monsieur Binamé, comment vous faites pour avoir une exploitation si prospère en parallèle à votre poste de fonctionnaire ?
- C'est grâce aux enseignement d'un vieux sage, qui m'a permis de trouver l'équilibre entre ma vie professionnel publique et ma vie professionnelle privée.
- Comment ça se fait que vous n'ayez rien vu de la captivité de Coco ?
- Vous savez, je travail au SPF depuis 10 ans, mais j'arrive vers 5h du matin et je pars à 12h01, en plus comme qu'il faut vérifier le statut sur 17 ans, je n'ai pas vraiment le temps de ma balader dans les bureaux.
- Vous n'avez donc aucun élément qui pourrait nous éclairer sur cette disparition ?
- Je ne pourrait point vous aider la dessus, pas contre si vous voulez je peux vous donner du poulet. Vous allez aimer vu que vous êtes tous des bobo-écolo car c'est du vrai bio.
-Non merci monsieur, ça fait 5 ans que les journalistes doivent avoir un brevet de végétarisme, vous n'avez vraiment rien de plus ?
-Vous feriez bien d'aller voir Adzilla, il est toujours a se balader dans les couloirs, il doit en savoir plus que moi.
2. Adzilla
- Acceuil P&O bonjour ?
- Je pourrais parler à monsieur Adzilla ?
- Attendez, il fini son atelier feng choui sur le thème des Valeurs, mais vous pouvez aller à son bureau.
En attendant Adzilla, on ne peut s’empêcher de remarquer le calendrier "fonctionnaire nus" et les trois coupes de roi des bleus du SPF. Au dessus d'un bouddha, un triangle est formé par ces trois valeurs du SPF, "Gentillesse" "Serviabilité" et "Bisous au contribuable".
- Bonjour, j'ai appris que vous vouliez me parler ?
- Oui, nous voulions avoir quelques informations sur la terrible détention de Coco. Mais pour commencer, est-ce que vous n'aviez pas commencé plus dans la partie juridique plutôt que à P&O ?
- En effet, j'avais commencé en INR, mais après avoir essayé de comprendre les transactions triangulaires en livraisons intracommunautaires, j'ai décidé que le poste de responsable valeur m'irais mieux.
- Ok, ça consiste en quoi exactement ?
- Prenez n'importe quelle qualité d'un fonctionnaire, et vous pouvez la lier à une valeur du SPF. Donnez moi une qualité que devrait avoir un fonctionnaire.
- Je sais pas moi, compétence ?
- Ce n'est pas une qualité voyons, mais bon, même avec ça, on peut la lier à la valeur gros bisou au contribuable. Parce que si vous êtes pas compétant pour donner des gros bisous, ça laisse un filet de bave sur la joue, ce qui diminue la réputation du service. Vous voulez que j’appelle une collègue pour vous montrer le problème ?
- On survivra sans ... parlez nous plutôt de la captivité de Coco, que comment cela a t'il pu se passer sans que vous ne vous en rendiez compte ?
- La question n'est pas là, journalistes, la question est, quel est le rapport des valeurs et de cette captivité. Peut-t'on relier cette captivité aux valeurs du SPF ? Je crois que on peut relier cette captivité à la valeur serviabilité envers le contribuable. Une fois cela établi, je ne vois pas ce qu'on pourrait reprocher à ce bon Claude.
- Mais vous vous n'avez rien vu ?
- Arrêter de me harceler ok, ou j’appelle la sécurité. Non je n'ai rien vu, si vous voulez plus d'informations allez demander à Totor en bas au Selor. Maintenant laisser moi, je dois méditer sur les valeurs du SPF.
Adzilla méditant sur les Valeurs du SPF.
P&O enregistre ses réflexions pour faire des modules my-academy.
3 Totor
- Selor bonjour, c'est pour passer une session d'examen ?
- Non, c'est pour rencontrer monsieur Totor qui travail ici
- Il est en formation usage de l'alarme incendie à Charleroi, mais il est déjà 14h vous pouvez l'appeler.
- Dzzz, dzzz, oui allo ?
- Monsieur Totor.
- Lui même.
- Est-ce que vous avez un commentaire sur la séquestration de Coco ?
- Qu'est ce que vous voulez que je vous dise, elle n'a pas passé de concours, qu'est ce qu'on aurait pu faire pour elle? Tout le monde sait que le contrat rosetta c'est fait pour passer des concours, elle ne l'a pas fait, elle ne peut que s'en prendre à elle même.
- Mais vous n'avez rien remarqué lors de sa disparition ?
- Moi ? Mais j'avais déjà réussi mon concours de diplomate et j’étais chez l'ambassadeur du Cambodge à ce moment.
- Mais comment ça se fait que vous n'êtes pas dans la diplomatie et que vous travaillez au Selor ?
- C'est le drame de ma vie, ma passion, mon obsession. Ça a débuté peu après être passé Rosetta, j'ai commencé a passer de plus en plus de concours au Selor ... toutes sorte de concours, niveaux A, B, C, sismologue, femme de ménage, je devais tous les faire.
- Ça n'explique pas pourquoi vous n'êtes plus à la diplomatie.
- Laissez moi finir. On avait une allocation spéciale concours lors du stage de diplomate qui nous permettait de rentrer en Belgique faire un concours Selor. Et j'ai fini tout le budget voyage des stagiaires diplomates en six mois de trajets Phnom Penh - Bruxelles en première classe. Du coup on m'a chassé de la diplomatie. Là a commencé la plus difficile période de ma vie, je suis devenu SDF de la gare du nord. Il faisait froid, je me suis fait plusieurs fois dépouillé, mais je gardais bien caché ma carte d'identité, elle qui permettait d'aller à tout les concours Selor. Je ne savais pas où j'allais dormir la nuit, mais une chose était sure dans mon esprit, le lendemain, j'aurai mon fix de concours Selor qui me permettrait de tenir encore une journée.
Après quelques années, le Selor a essayé de m’empêcher de concourir, soit disant parce que mon odeur "importunait" les autres candidats. Mais j'ai été au conseil d'état, mon ex-femme étant avocate, elle a gagné ce dossier hautement médiatique. Le Selor a fait un accord avec moi. J'aurai le droit de passer tout les concours, mais je devrai aider à les optimiser et je travaillerai pour le eux.
Totor attendant l’ouverture du WTC III pour passer un concours Selor
- C'est donc vous qui avez crée les dernier test Selor, où il faut dessiner sur une feuille avec ses doigt, et ensuite cela permet de dresser le profile psychologique pour les concours de directeurs de centre ?
- Oui, je suis convaincu que ce système est le plus égalitaire et que en plus il cible bien les compétences requises pas les Valeurs du SPF pour être un chef efficace.
- Mais cela ne nous avance pas beaucoup pour savoir ce qu'est devenu Coco
- Que voulez vous, je vous l'ai dit, elle n'a pas passé de concours, ce n'est pas une vrai personne. Allez plutôt demander au Liégeois, il a plus fréquenté les bureaux
- Et il s’appelle comment le Liègeois ?
- Allez à l'ISI et dites simplement le Liégeois, il comprendront.
4 Le Liégeois
A l'ISI, (Inspection spéciale des impôts), j'arrive à l'accueil et demande pour voir la personne que apparemment on appelle le Liègeois.
- Le Liégeois ? On l'a exilé au sous-sol. Prenez cette clef, mais par pitier ... n'oubliez pas de refermer la porte lorsque vous repartirez.
On ouvre la porte précautionneusement, mais à peine la clef a t'elle fait un demi-tour que l'on entend une voix de l'autre coté de la porte.
- Je savais bien que j'allais vous manquer et que vous viendriez me chercher. D'ailleurs quand j’étais enfant et que je jouais sur les escaliers de Bueren à Liège, on ne m'avais jamais abandonné plus d'une journée. J'ai d'ailleurs un dossier incroyable, vous devez venir le voir ...
- Bonjour, Je ne suis pas de l'ISI, mais un journaliste. Je voudrai vous poser des questions sur l'enlèvement de Coco qui a eu lieu il y a 10 ans..
- Vous êtes sur que vous ne voulez pas parler de ce dossier ? Regardez la manière dont ils font leur comptes, comment ils ont passé tous leurs bénéfices en frais, aller, c'est vraiment du foutage de gueule. Vous devez le dire aux Belges.
- Non, ce reportage est sur la libération de Coco.
- Vous savez, à Liège au pot-au-lait, on y va pour voir un ami mais on fini la soirée avec des peys totalement différents car on est des gens chaleureux. De même, vous venez avec votre sujet, mais vous pouvez vous intéresser au miens.
- Non merci, vous n'avez vraiment rien à dire sur Coco ?
- Que voulez vous, c'est terrible que Claude l'ait enfermé, alors qu'elle est beaucoup trop gentille avec les contribuables. Pendant ces dix année, dieu sait combien de dégrèvement elle a effectué alors qu'elle aurait du être beaucoup plus stricte avec les contribuables. Je lui ai dit, Claude, tu aurais dû séquestrer quelqu'un de beaucoup plus dure. D'ailleurs à Liège on a une jurisprudence à nous beaucoup plus stricte, il aurait du séquestrer un Liégeois tiens.
- Vous voulez dire que vous saviez que Coco était enfermée dans l'armoire des dossiers ?
- Que voulez vous, on allait pas laisser ces dossiers pourrir ! Si l'administration centrale ne sais pas prendre les choses en main, c'est aux agents de le faire. Dans la principauté, quand le système workflow a finalement disparu après le bug de l'an 2025, on a pas attendu que la centrale nous dise quoi faire.
-STOP STOP, si j'entends encore une seul fois le mot Liège, je t'immole avec tes dossiers.
- C'est amusant, au carré à Liège on m'a aussi menacé, mais au final, Liège est une ville humaine et on se respecte entre principautaires donc il ne m'est rien arrivé.
- GODVERDOMME, qu'est ce que j'ai dit ? C'est fini, basta ces histoires de provinciaux, je rentre à Ixelles en vélo-taxi.
Photo représentative de la plus belle ville de Belgique, voir du monde.
(sondage effectué sur un échantillons représentatif de 1000 Liégeois)
5. Marmir
Une fois au bureau, je cherche à trouver des informations sur les autres personnes qui étaient dans ce groupe de Rosetta. Louis 16 le Namurois ? Mort dans un accident de chasse sur ses terres de Jambes où il était retourné vivre. Edward aux mains d'argent ? Mort dans l'effondrement du tunnel sous la manche. Par chance, dans le registre du barreau, je retrouvai la trace de Marmir, la seul collègue féminine de Coco. Pour être déçu lorsque le cabinet me dit qu'elle avait quitté le cabinet après dix ans pour créer une application de diététique, et que c'était le seul moyen de la contacter.
J'installe donc l'application à la mode "M'enfin, qu'est ce que tu manges" sur mon Iphone Z pour essayer d'entrer en contacte.
" Veuillez poster le selfie de votre plat du midi"
" Est ce que je pourrait parler à Marmir ?
"Veuillez poster le selfie de votre plat du midi"
Je poste donc mes pâtes - brocoli à la crème fraîche, chips et une pomme.
" M'enfin, des pâtes blanches, vous voulez vraiment faire 300 kilo ou quoi ? Vous savez combien de sucre il y a la dedans ?
Et puis la crème fraîche, c'était quoi a la base hein ? du lait. Et le lait c'est fait pour vous peut-être ? Vous êtes quoi, un veau ? Ca vous fait plaisir qu'on viole des vaches puis qu'on les bourre d'hormones pour les faires allaiter tout le temps ? Vous aimeriez avoir du lait toute votre vie vous ?
Puis la pomme, vous croyez qu'il y a quoi dedans ? De la pomme ? Plus depuis 2025 quand l'union européenne a baissé le taux de pomme minimal dans une pomme à 25%. C'est pas parce que vous voyez un pommier sur l'emballage qu'il faut tout croire hein ! C'est une reconstruction imprimée en 3D mais on la gonfle avec de l'huile de palme, du sucre et de la flotte et on rajoute des arômes de pomme.
Les chips par contre, une étude américaine a prouvé que c'est pas mauvais pour la santé, c'est d l'huile de colza, vous devriez en prendre plus.
- Voulez vous un contacte avec un opérateur (0,5 bitcoin la minute)
- Oui
- Bonjour, Marmir, que voulez vous savoir de plus sur la nutrition
- Bonjour, je suis journaliste, j'aimerai avoir un peu plus d'info sur la captivité de Coco si vous en avez.
- Vous savez, Coco commençait sa journée de travail à 6h du matin, et moi je finissait ma journée 6h de l'après midi, ce qui faisait que entre les deux, nous n'avions que 2 heures en commun. Par contre, Mickaël-San était en face d'elle tout les jours, il devrait pouvoir vous en dire plus. Vous devriez pouvoir le trouver au bar "Le Marais", depuis quelques année il ne le quitte pas.
6. Mickael-San
Je rentre dans le bar, je m'approche du comptoir pour commander quand j'entends une voix venir du fond:
- Eh, tu as l'air d'être un dur toi. Viens chez les ninja de l'armée Belge.
- Ninja de l'armée Belge ? (la personne est à 3 gramme alors qu'il est 15h), euh non, une bière ça ira.
- Quoi, tu ne crois pas que je suis un recruteur des ninja de l'armée belge ? Regarde, je met mon poing là et ... OURAKEN. Tu l'as pas vu venir hein ? L'Ouraken c'est le coup de poing le plus rapide du monde. C'est des années d'entrainement ninja pour le maîtriser
- Ok, monsieur, je crois que vais payer ma bière et rentrer
- Mais c'est qu'il crois que je suis un rigolo, regarde ma carte des ninjas de l'armée belge
Il me montre une carte qui a en effet l'air officielle, avec le nom Mickael-san.
- C'est donc vous Mickael-San, vous n'êtes plus aux finances ?
- Non, et depuis longtemps. Dans ce même bar ou je vous parle, l'armée m'a trouvé et m'a amené à elle. Avec la force du bushido, je suis passé cinquième dan et j'ai crée la première unité ninja de l'armée belge. Alliant les préceptes militaires d'orient et d'occident dans la compagnie Mawashi-Geri, nous avons révolutionné les commandos, on a été se battre en Iran, au Bengladesh, au Venezuela.
- Mais pourquoi vous êtes ici du coup ?
- Au Venezuela, j'ai perdu mes 10 ninja, abattu en drive-by par un cartel de la drogue. Puis j'ai été dans les résidence de ces beaux messieurs et je les ai tous éliminés ... les hommes mais aussi les femmes, les enfants, tous. On m'a dégradé à mon retour en Belgique, depuis j'ai commencé à boire. Mais le lieutenant-colonel Blandau m'a appelé et m'a dit. Michel, tes ninja il faut les oublier, le Venezuela c'est du passé, ressaisi toi. Du coup j'ai repris du service, trois fois en opération commando. Mais la je suis trop vieux, il embauchent plus que des jeunes pour les opération, je suis relégué au recrutement.
- Et au sujet de la séquestration de Coco vous avez des commentaires ?
- Je sais pas, quand je suis parti a l'armée elle était encore là, par contre vous devriez aller demander à Mitsos Spanakopoulos, il avait l'air de savoir quelque chose à l'époque, mais il est rentré sur ses terres. La dernière fois qu'il a posté une photo sur le groupe what's up, c'était à Nauplie et il avait ouvert une boite qui faisait je ne sais quoi.
- Merci Mickael-San, la Belgique vous est reconnaissante, la Belgique veut savoir pour Coco.
- La Belgique est une garce, elle nous a abandonné ! Vous vous souvenez pas, petit journaleux de mes deux ? C'était pas ma guerre ! C'est vous qui m'avez appelé pas moi. J'ai fait ce qu'il fallait pour gagner mais on a pas voulu nous laisser gagner. Et je suis revenu à Zaventem et j'ai vu ces larves m'attendre à l'aéroport avec des panneaux "TUEUR D'ENFANTS".
- C'est loin maintenant, je crois qu'on va y aller
- NON, vous comprenez pas. La-bas, j'étais la fraternité des commandos ninjas, je maîtrisais les règles de l'Ouraken comme personne. J'avais tous les gars avec moi ... j'étais toujours avec les autres. C'était mes disciples. Ce jour on montait la garde, puis j'ai été au campement faire un Skype pour voir ma femme et ma fille. Et à ce moment la voiture est arrivée, le temps de comprendre ce qui s'était passé ils étaient morts, MORT TU M’ENTENDS ? Leurs tripes partout sur le sol, les yeux grands ouverts. Chaque jours j'y pense, depuis 8 ans, vous pouvez me traînez dans la boue pour ce que j'ai fait depuis vos beaux appartement bruxellois, mais c'est pas moi qui ai demandé cette guerre au nom des "droits de l'hommes", c'est vous dans vos beaux éditoriaux. Partez PARTEZ ...
Patron du bar - Mimi, calme toi. Vous devriez y aller.
Michael-San avant le Vénézuela
Michael-San, recruteur de l'armée belge en service.
7. Mitsos Spanakopoulos
Pour les besoins du journalisme, j'ai été envoyé en enquête en Grèce. Mitsos m'avais donné rendez-vous au siège de son entreprise, située son fief, la charmante ville de Nauplie. Apparemment, Mitsos avait l'air d'avoir bien réussi dans les affaires, vu que son nom apparaissait en grand sur le bâtiment ou il travaillait. Une fois que j'eus sonné, un employé m'emmena vers le bureau de Mitsos. Sur le trajet, je vis des dizaines de travailleurs affairés à confectionner des petits rouleaux. C'était une usine de fabrication de feuilles de vignes ! Dans d'énormes cuves cuisaient des tonnes d'oignons, pendant que des ouvriers mélangeaient aneth, coriandre et menthe à des kilo de riz. En bout de chaîne, une armée de petites mains emballaient une à une les boules de riz dans des feuilles de vignes fraiches. Le tout était ensuite arrosé d'un peu de citron, puis délicatement posé dans des conserves qui portaient fièrement le nom Spanakopoulos.
- Monsieur Spanakopoulos ? Je suis journaliste du Libre-soir. Apparemment vous auriez des information sur la séquestration de Coco.
- Ah Coco, on avait passé une bonne année au SPF avec les Rosettas. Par contre non, après que je sois parti, je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé pour elle.
- Vous êtes le dernier témoin, vous devez bien avoir quelque chose.
- Désolé, mais je ne peux rien pour vous. Prenez tout de même une boite de conserve de feuille de vigne pour avoir pris la peine de venir jusqu'ici.
C'est donc résigné que je repars, en regardant cette misérable boite de conserve, seul fruit de ma venue en ce lointain coin de Grèce ... mais attendez, c'est la même marque que celle avec laquelle était nourrir Coco. Je remonte les marches 4 à 4.
- Monsieur Spanakopoulos, comment vous expliquez, si vous n'avez aucun rapport avec Coco et Claude, qu'elle ait été nourrie spécifiquement avec cette marque de feuilles de vigne ?
- Bon, j'avoue, j'ai trouvé suspecte la disparition de Coco et j'ai confronté Claude. Il m'a expliqué toute la vérité, mais m'a proposé de nourrir Coco plutôt que de la sauver. Quand j'ai lancé mon entreprise, je n'avais pas beaucoup de clients, vous comprenez, je lui ai vendu les conserves pour commencer mon affaire.
- Vous mentez ! Coco fait 43 kilo toute mouillée, comment sa consommation de feuilles de vignes aurait-elle pu changer les résultats de votre entreprise.
- En effet, une boite suffit pour la nourrir une semaine. Asseyez-vous, je vais vous raconter la terrible histoire.
Depuis les année 40 le plus gros employeur de la région est l'usine de production de tomate du cygne, fierté de la région. Mais criblée de dettes, l'usine a fermée avec la crise, mettant des dizaines de familles à la rue. A l’époque comme vous le savez je travaillais au ministère des finances, qui était concerné par un retard monstrueux des dossiers de précompte mobilier. J'ai essayé de négocier un contrat pour avoir des feuilles de vignes tout les jours à la cantine du ministère, mais la direction m'a proposé un pacte faustien. Pour pouvoir leur vendre mes feuilles de vignes, je devais organiser la captivité de Coco. La suite de l'histoire, vous la connaissez. Mais avant de me condamner, tendez oreille vers extérieur, qu'est ce que vous entendez ?
- J’entends les cloches du traineau du père noël, tiens le voilà avec ses rennes qui distribue les cadeau sur cette paisible contrée.
- Il y a dix ans, il ne venait plus, parce qu'on ne pouvais plus payer nos cotisations de noël, et que le père noël ne passe pas chez les pauvres. N'est-ce pas un miracle de Noël que les enfants de cette contrée aie de nouveau accès aux cadeaux ?
- Oui c'est magnifique, vous m'avez ému, je comprend mieux cette captivité de Coco, qui n'est pas bien pire que celle des lutins du père noël au fond. Il ne me reste plus qu'à rentrer en Belgique pour souhaiter à mes lecteur un Joyeux Noël.
Lundi, premier jour au ministère. Mon chef après le moment d’incompréhension du fait qu'il ne n’attendait pas à me voir débarquer a pris sur lui de me présenter à mes futurs collègues. Commence donc le premier tour du service; il faut voir le nouveau venu, habillé en costume cravate, chemise boutonnée et les chaussures cirées, passer par chaque bureau où le dress code est au mieux jean-chemise comme une nouvelle bête curieuse introduite dans une troupe de cirque. Le chef donne le nom de tout les travailleurs, précaution fort peu utile dans la mesure où il ne m'est pas matériellement possible de tous les retenir. Jusqu'à ce qu'il me dise qu'on arrive au banc de Robert Binamé.
Robert Binamé ? Mais c'était mon coloc jusqu'au ce mois de janvier ! Je n'ai plus vu depuis, il est pas sensé être clerc de notaire à Andennes ? Que nenni, le voilà en chaire et en os qui viens me faire chaleureusement la bise. Moment de flottement dans le protocole; la séquence 1.nom de la personne, 2.fonction de la personne, 3. serrage de main, 4.next, est interrompue.
- Et ça a été l'état des lieux
- Tu as aussi vu le décompte, on a bien douillé, et tu sais que Abdeslam ne m'a pas payé le wifi ?
- ...
Alors que le chef s'apprête à abréger ces touchantes mais quelque peu longues retrouvailles, retenti l'alarme de la Tour. Ne t'inquiète pas dit le chef, c'est le test de l'alarme, ça arrive tout les premiers jeudis du mois ... Mais attendez un peu, on est lundi aujourd'hui. Petit frémissement dans le service, quelques moments d'hésitations, puis la décision est prise: il faut évacuer.
Evacuer un immeuble en cas d'alarme incendie, on l'a assez fait à l'école, c'est simple. Les ascenseurs sont proscrits et il suffit de descendre à pied. Jusque là pas de problème. Sauf lorsque à la place d'un bâtiment de trois étages avec 500 élèves, on a à faire à une tour de 30 étages peuplée de 5 000 fonctionnaires, contractuels ou contribuables en rendez-vous. Il faut donc pour nous descendre une vingtaine d'étages, sachant que à chaque palier se rajoute la totalité des membres du personnel de l'étage, et que également la moyenne d'age des travailleurs est de "plus que dix ans avant ma pension". Autant dire que au niveau du 5eme étage, on est plus entassé que la foule devant un concert de Linkin Park à Werchter, prêt à être cramé vifs en cas d'incendie, ou plus prosaïquement à mourir étouffé si une personne glisse au 10eme étage et lance un domino-day dans la cage d'escalier.
Un fonctionnaire essaye se sauver sa vie
après que le fils du ministre ait actionné l'alarme incendie par erreur.
Bloqué donc entre le sixième et le cinquième étage, Robert me dit "ah, tu te souvient quand même les poulets dans la cuisine ? Et le poulpe ?
Je vais vous conter certains passages de cette colocation, mais pour vous mettre dans le contexte où je le racontait à Robert, veuillez suivre ces quelques instructions. Prenez votre tablette ou votre ordinateur. Débranchez les câbles si il faut, en faisant attention de ne rien faire tomber, et allez le lire sur les escaliers de votre palier. C'est nécessaire une meilleur immersion, je ne commence pas tant que vous ne l'aurez pas fait.
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- Toujours pas ? Allez on a pas que ça à faire
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- Oui il fait froid sur le palier, mais les marches en granite nous ont aussi absorbé la chaleur au SPF.
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-C'est bon, vous êtes inconfortablement installés, on peut y aller.
Pourquoi j'ai fini dans un kot Erasmus-UCL
Partant en Erasmus au deuxième quadrimestre, je cherchais un endroit ou dormir de septembre à janvier. Par chance, un ami de la chorale avait quelqu'un qui partait en Erasmus au Q1 dans son kot, tout semblait s'agencer pour le mieux, on se partagerait le kot à raison d'une demi année chacun. Sauf qu'il y avait un détail à régler. Il n'était pas dans une collocation classique mais dans un foyer religieux! Ce foyer a pris ses quartiers dans l'ancien séminaire de l'UCL, reconverti depuis que le nombre d’étudiants en théologie a chuté sous celui des comas éthyliques d'une soirée à la Casa.
Le foyer est donc géré par une organisation religieuse, et en pratique par un couple de laïcs qui supervisent la vie commune. Pour avoir la chambre, je devais donc passer mon brevet de street-crédibilité catholique. Sachant que je suis baptisé orthodoxe, que je n'ai pas fait de communions et que je serais bien en peine de réciter un notre père, ce n'était pas gagné d'avance.
Il a fallut se préparer à la rencontre pour le kot bien mieux que pour aucun entretien d'embauche que j'ai jamais fait. J'ai pris un air de pleine béatitude qui m'aurait fait passé pour la réincarnation de mère Theresa, j'ai été à la messe des étudiant la veille, j'ai même hésité à prendre une grosse croix en or à l'italienne. Grâce à toutes ces précautions, j'ai pu les convaincre que en tant que locataire, je serais tout les matins à 8h à la messe du foyer et que j'y ferais exploser les compteurs de prières. Après une discussion sur le sens de la vie, j'ai eu infini privilège d'avoir un toit dans le séminaire pour le premier quadri. Ce qui me permet de rejeter superbement la proposition de l'UCL logement de prolonger mon bail.
Tout va bien, on a prévu de venir signer le bail le 15 juillet. Le 11, je reçois un appel d'un numéro inconnu. Je le rappelle, et voici la personne avec qui je devais partager le kot qui me dit qu'il a bien foiré ses examens, et que du coup il reste à LLN toute l'année. Tout ceux qui ont eu à chercher un logement à l'UCL comprendront a quel point le 15 juillet est une date tardive pour commencer à chercher, surtout pour un contrat bizarre de 6 mois. Il ne me reste qu'une seul solution ... retourner chez UCL-logement comme on va à Canossa.
- Bonjour, est ce que vous auriez encore des logements pour le Q1 uniquement ?
- C'est un peu tard Monsieur, les inscriptions étaient ouvertes depuis le 1er Mars
- Oui, mais j'ai eu des circonstances imprévisibles, s'il vous plaît, je ne veux pas dépendre des grèves de la SNCB/des TEC pour venir.
- Mmm, je crois bien que nous avons encore des places dans un bâtiment qu'on doit rénover en 2017. Vous voulez visiter ?
- Est ce que j'ai choix ?
- A vrai dire, non, c'est le seul bâtiment qui nous reste.
- Je me soumet à votre volonté, ô service logement.
Mitsos retournant au service UCL-logement
La vie communautaire
Arrive donc le mois de septembre, où je découvre mes nouveaux colocataires.
- Mon très cher Robert Binamé.
- Enzo, l'italien qui à passé tout son séjour Erasmus avec des Italiens, ce qui nous fait nous questionner sur l'utilité pour lui de venir en Belgique.
- Nicolas, de son vrai nom Zhou mais qui comme pas mal d'étudiant chinois se voit attribué un nouveau prénom pour le temps de ses études à l'étranger. Je me demande d'ailleurs comment ça se passe en pratique. Il y a une grande roue avec tout les noms et les futurs étudiant doivent l'actionner ou bien ils ont des consultants qui leurs trouvent les noms qui maximiserons leur réussite ?
- Le Viet-cong comme l'appelait Robert, un Vietnamiens qui étudiait en Finlande et dont je crois qu'on a jamais réussi à retenir le nom, qui pour une fois n'était pas Nguyen.
- Pour finir, encore une fois selon appellation de Robert, Abdeslam, le Marocco-gentois qui réussit l'exploit de parler avec un accent marocain ET un accent flamand en même temps. En l'écoutant les yeux fermés se superpose dans ton esprit l'image d'un jeune Wesh de Bruxelles et celle d'un vieux Flamand.
Mais si dans cette cage d'escalier on se rappel du kot, c'est grâce aux prouesses culinaires de nos deux asiatiques. Parce que alors que l'Italien se fait des pâtes tout les jours, et que Abdeslam rapporte de la nourriture depuis chez ses parents, nos deux asiatiques cuisinent.
Et malheureusement, ils n'ont pas exactement la même définition de propreté que nous. Ce qui fait que la taque est constamment sale, et qu'ils ont un cuiseur de riz qu'ils utilisaient à deux qui nous semblait ne pas avoir été nettoyé depuis qu'il avait été acheté. Comme colocataire bienveillant, j'avais ramené mon coloc chinois au supermarché chinois de Sainte-Catherine, FATAL ERROR. Depuis ce jour on a eu droit à des odeurs de sauces de poisson et des taches de mix de sauce caramel-poisson-soja durcie, taches que la femme de ménage n'enlevait jamais parce que ils laissaient toujours des casseroles sur les taques.
Mais tout ceci n'est rien par rapport à la passion du viet-cong: acheter des surgelé au aldi et les laisser décongeler dans l'eau. Ce qui fait que le soir, tu veux te faire des pâtes, tu va prendre ta casserole, et surprise: il y a un poulet entier qui décongèle lentement dedans, formant un bon bouillon de salmonellose. Rien de mieux pour ouvrir l'appétit. Mais il y avais aussi des cotes de porc ou des blanc de poulet, sans parler d’ingrédients asiatique sur l'identité desquels je ne spéculerais pas.
Mais le summum a surement été atteint avec le poulpe. Je ne sais pas où il a trouvé ce poulpe surgelé, mais il l'a laissé bien trois jours à décongeler, puis une fois cuisiné l'a encore bien laissé une semaine dans sa casserole. Rentrer de soirée, sentir une odeur bizarre dans le commu, aller vérifier la source et tomber sur un demi-poulpe dans une sauce douteuse, je crois que c'est un des souvenir indélébiles qu'a produit la vie communautaire sur Robert et moi.
De nos jours donc, dans les cages d'escalier ou à la cantine du SPF lorsque la nourriture est moyenne, il n'est pas rare d'entendre Robert me dire: "Bah, tu te souvient quand même du poulpe du Viet-cong ? Si on a survécu à ça on peux survivre à tout". Nous, les vétérans du Kot Erasmus Q1 2016-2017.
Rambo en choc post-traumatique après avoir été exposé
à trop haute dose à la "vrai" cuisine asiatique.
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- Vous êtes encore là ? Je crois que vous pouvez vous lever des escaliers et retourner sur le canapé.